CONCOURS D'ART ORATOIRE DES COLLEGIENS 2009
Thème 4ème/3ème : "Quel livre aurais-je aimé écrire?"

texte de Camille LERQUET
1ère
classe de 3ème au collège Notre Dame de MAUBEUGE

Quel livre aurais-je aimé écrire?

Certaines personnes écrivent pour laisser libre cours à leur imagination. Un auteur peut également écrire pour apeurer ou émouvoir, faire réfléchir ou faire rire son lecteur. Je crois plutôt qu'il s'agit pour l'auteur dont je vais vous parler et que je voudrais être de surprendre mais aussi de faire sourire son lecteur grâce à sa fiction pour le moins insolite. J'aimerais tout d'abord que vous puissiez vous faire une idée de ce livre.

Le livre dont j'aurais aimé être l'auteur raconte une surprenante enquête policière dans laquelle le corps d'un homme est retrouvé sans vie, sous un noyer tricentenaire. Madame Latrand, professeur d 'Anglais à la retraite, retrouve le cadavre alors qu'elle fait la promenade quotidienne de son petit yorkshire Prince Charles. Autant vous avouer que pour le petit chien et Lilyane âgée de quatre-vingt-cinq ans ce fut «the» choc! L' enquête se passe à la maison de retraite des Cimes bleues, la seule en Europe à n' accepter que les retraités accompagnés de leur fidèle toutou.
Dès la première page, un climat étrange s'installe: le commissaire Lafosse
s' énerve facilement contre les retraités et contre cette enquête qui piétine...
Pour lui et son adjointe Fred, l'enquête s'annonce particulièrement difficile et pleine de rebondissements. En effet, nul dans cette maison de retraite ne connaît la victime. Pourtant, beaucoup de personnes sont sur place: l'autoritaire directeur
Mr. Thor, les employés et leurs apprentis, les retraités accompagnés de leur chien. Ah oui! Et j'allais oublier ces «trois petits vieux» excentriques et bien mystérieux, fans de séries policières, qui enquêtent de leur côté. Surnommés le «trio infernal» ou encore «les polciers tocards», Henriette, Madeleine et Julien menacent même de trouver le coupable avant la police! Les enquêteurs se trouvent donc face à une multitude d'impasses, de témoignages, d'indices contradictoires... Ils ne savent quelle voie suivre! Cependant le duo va devoir s'armer de patience et de persévérance afin d' élucider ce crime... D'autant plus qu'une seconde victime est retrouvée. C'est le cadavre de ... Chut, c'est à vous de le découvrir! Etrange, étrange n'est-ce pas? Et puis, que penser de ces trois détectives en herbe qui ne sortent jamais sans leur chien Simenon, Columbo et Hercule! Sont-ils utiles pour l'enquête ou, au contraire, nuisent-ils au bon déroulement de cette affaire? Croyez-moi, ce n'est qu'une fois la dernière page lue que tout s'éclaire!

Voilà le livre que j'aurais aimé écrire. Peut-être le connaissez-vous, le titre de ce roman est Le mort du noyer de Claire Mazard. Un roman policier, qui j'admets à première vue, semble obscur et sanglant... Détrompez-vous! Dès le début, on plonge dans une ambiance très british qui nous fait sourire! Par exemple: d'incontournables tasses de thé à la bergamote,, une résidence plutôt kitsch, un yorkshire nommé Prince Charles, des retraités aux cheveux blancs mais joggings flashis sans oublier les baskets qui vont avec... Autant de clins d'oeil à l'Angleterre et à Agatha Christie!
J'aurais voulu en tant qu'auteur que les personnes qui tiennent mon livre entre leurs mains s'attendent à une enquête policière plutôt banale, mais, une fois la lecture entamée, se rendent vite compte que cette enquête est plutôt amusante et hors du commun... J' aurais aimé en être l'auteur afin de placer face au lecteur deux hommes assassinés dont un toujours pas identifié, de nombreux interrogatoires, une multitude d' indices, d' impasses... Bref, j'aurais fait en sorte que le lecteur s'identifie au commissaire Lafosse et se promette de trouver le ou les meurtrier(s) coûte que coûte avant même d'avoir fini le roman. Pourtant, je leur aurais fait vite comprendre que la tâche est bien plus difficile qu'elle n'en a l'air. De plus, le trio infernal le mènerait par le bout de nez. Le lecteur aurait la certitude que ces trois petits vieux en savent beaucoup plus que lui sur cette affaire... En effet, au fil du roman, les inséparables réservent bien des surprises et semblent dévoiler des indices. Ou de fausses pistes? «That's the question!» Pendant la lecture de mon roman, le lecteur ressentirait une réelle détermination à élucider cette énigme et se ressasserait toujours ces mêmes questions: Qui est cet inconnu? Qui a bien donc pu l'assassiner? Et si les coupables n'étaient qu'une seule et même personne? J'aurais fait exprès de les perdre dans un flux d' indices contradictoires, de les engouffrer dans ce tourbillon de fausses pistes... J'aurais balader le lecteur vers tel ou tel suspect, fait prendre différentes voies pour se rendre compte qu'aucune n'aboutie. Mon roman n'aurait eu qu'un seul but: embobiner le lecteur jusqu'à la dernière page, voire même (et c'est encore mieux) la dernière ligne. J'aurais tout simplement écrit Le mort du noyer pour le piéger; tout comme moi je l'ai été lorsque j'ai lu ce roman! Mais avant tout, qu'il soit heureux d'être piégé. J'aurais apprécié qu' une fois le livre fini, le lecteur s'exclame: « Ah! C'était donc ça! Je n'y aurais vraiment jamais pensé! Depuis la première page, l'auteur ne me raconte que des mensonges! Il m'a bien berné!»
Alors qu'attendez-vous? Vous avez un «flair de chien»? Menez votre enquête!

texte de Gaël LE ROI
2 nde
classe de 3ème au collège Notre Dame de MAUBEUGE

Quel livre aurais-je aimé écrire ?

Difficile à dire car beaucoup d’auteurs écrivent des livres intéressants sur des thèmes différents. Mais il y en a quand même un qui m’a laissé une impression vraiment durable.
Un seul mot pour titre et seulement la quatrième de couverture pour me faire une idée du roman. « Loup » de Nicolas Vanier est un livre d’aventures sur le respect de l’environnement. Il met en scène un jeune homme de la tribu des Evènes, Sergueï, qui transgresse les lois millénaires de son peuple nomade car, attendri par le spectacle d’une louve jouant avec ses petits, il décide de les laisser vivre…
Et c’est ainsi que commence cette aventure pleine de rebondissements dans le grand nord Sibérien, mêlant un monde ancestral régi par les lois de la nature et le monde moderne qui, en rien de temps peut tout faire basculer. Entre sa tribu respectueuse des traditions, la jeune femme qu’il aime et ses loups au comportement fascinant, il ne sait quel chemin prendre.
J’ai aimé ces deux histoires qui se côtoient dans ce livre : tout d’abord, dans la toundra, les coupeurs d’arbre occidentaux avides de revenus importants menacent l’équilibre fragile de la nature chère aux Evènes avec leur environnement sauvage qu’ils respectent autant que leurs rites millénaires. D’autre part, Sergueï est tiraillé entre la tradition de son peuple à protéger ses rennes de la menace des loups et sa fascination pour ces animaux magnifiques et après un exil de plusieurs mois et maintes péripéties, il se réconcilie enfin avec son clan. J’admire cette nature à l’état brut et plus particulièrement le travail de l’auteur qui a redressé la vérité sur le comportement des loups que l’on croyait capable de manger des humains ! Mais les loups ne ponctionnent que le strict nécessaire : quelques rennes et élans et des végétaux comme des baies. Et c’est pour cela que Sergueï et moi en même temps tombons sous le charme de ces animaux sociables et organisés, ne tuant que pour se nourrir et vivant au coté de la nature, un peu à l’image de son clan finalement. Bien plus qu’une simple histoire, c’est une véritable leçon de vie qui nous ramène aux dures réalités du monde. Les peuples aborigènes disparaissent partout du monde à cause d’hommes uniquement intéressés par leurs territoires riches en ressources.
Au-delà de l’histoire, c’est le travail de l’auteur en amont qui a parcouru lui-même ces contrées aux multiples facettes qui m’a vraiment plu. Son expédition dans le grand Sibérien à la rencontre d’un peuple en voie de disparition lui a permis de découvrir leur mode de vie nomade, leurs techniques de déplacement à dos d’uchaks, à savoir leurs meilleurs rennes, l’organisation de leur tribu et enfin leurs techniques de trappe bien plus complexes que le viseur d’un fusil. Ces éleveurs de rennes ont toujours habité dans les montagnes Verkhoïansk, dans les plaines et les forêts alentour et ont su s’apprivoiser ces territoires hostiles en toute harmonie avec la nature, changeant de campement au gré des saisons, des mouvements de leurs rennes et des paroles divines du chamane interprétant les arbres, la météo et le feu.
Si j’avais été l’auteur de ce roman, j’aurais moi aussi voulu parcourir la Sibérie. Car rendre compte par écrit des choses qu’on a vécues, n’est-ce pas fabuleux ?
Je trouve cela plus enrichissant car j’aurais eu l’impression de revivre à chaque page tournée les moments fantastiques passés avec ce peuple.
Dans ce livre, je me suis senti transporté, dépaysé. Pas besoin de voitures, d’avions et de haute technologie pour écrire un livre intéressant. Dans ce roman où la nature est l’acteur principal, j’ai pris un grand bol d’air frais, loin de nos industries pétrochimiques fumantes et de l’air oppressant des villes. Loin de toutes grandes agglomérations, dans l’immensité du grand nord, cette histoire m’a rappelé que sans la nature, l’homme ne peut survivre. En revanche s’il l’apprivoise qu’il en fait son alliée et non son ennemie, s’il l’exploite durablement au lieu de la réduire à néant à cause de gros engins qui transforment la belle herbe en boue et la splendide forêt boréale en un gigantesque champs de souches, la vie serait tellement plus agréable…
Oui… j’aurai aimé écrire ce livre.